La Mer de Ross, un espoir pour la biodiversité marine

Située au large de l’Antarctique, dans l’océan Pacifique, la Mer de Ross est la plus grande Aire marine protégée (AMP) du monde. En quoi la protection d’un tel espace est un défi ?

La grande barrière de Ross (/www.voyage-antarctique.com)

Découverte en 1841 par l’explorateur James Clark Ross, la Mer de Ross, qui lui doit son nom, est constituée d’une épaisse couche de glace appelée “la grande barrière de Ross” formant de nombreux icebergs ainsi que quelques Îles telles que les îles White, Roosevelt ou bien encore l’île de Ross. Cet ensemble persiste comme l’un des derniers espaces maritimes à n’avoir presque pas subi de pressions anthropiques. Il est parfois qualifié de “dernier océan” en raison de son état presque intact. De plus il contient une grande biodiversité avec des espèces animales en grand nombre comme le Manchot Adélie, la Baleine de Minke, l’Orque de Weddel et bien plus encore… 

Localisation de la Mer de Ross

C’est grâce à ce côté immaculé et cette importante biodiversité que les États-Unis et la Nouvelle-Zélande ont pris l’initiative, en 2012, de proposer chacun un projet de sanctuarisation de cet espace aux 25 États membres de la Commission sur la Conservation de la Faune et la Flore marine en Antarctique (CCAMLR), qui se sont ensuite réunis pour former une proposition commune à Bremerhaven en 2013.

Cette décision a donc pour but de protéger les espèces animales actuelles ainsi que les futures en imposant des lois et des restrictions concernant les ressources de l’AMP comme un quotas de pêche par exemple, elle peut également être utile à des projets scientifiques.

C’est suite à de nombreuses discussions et négociations pendant près de 4 ans que la CCAMLR a finalement décidé le 27 octobre 2016 la création de l’AMPRMR (Aire Marine Protégée de la Région de la Mer de Ross) sur 1,57 million de km2, avec entrée en vigueur le 1er décembre 2017 jusqu’en 2052 où elle fera l’objet d’une réévaluation afin de déterminer si le sanctuaire peut perdurer en tant qu’aire marine protégée ou doit changer de statut.

Si la négociation a pris autant de temps, c’est notamment à cause de la Chine et de la Russie qui faisaient preuve de réticences à cause des restrictions concernant la pêche. L’autorisation de la pêche dans certaines zones a été une concession nécessaire pour obtenir leur accord final.

Logo de la CCAMLR

Une des particularités de l’AMP de la Mer de Ross est qu’elle n’est pas située dans une zone économique exclusive (ZEE), même si la Nouvelle-Zélande revendique les terres qui la bordent. Les AMP sont généralement placées dans les ZEE des États qui les gèrent. Le cas particulier de la mer de Ross est l’exemple d’une coopération réussie entre États, puisqu’il a fallu l’accord de 25 pays.

“Cette décision représente un niveau de coopération internationale sans précédent concernant [la protection] d’un vaste écosystème marin”

Andrew Wright (ancien secrétaire exécutif de la CCAMLR)

Sources : article Wikipedia sur la mer de Ross consulté le 29 novembre , actu environnement, geo, site de la CCAMLR, franceinter, le monde