MEN IN BLOB

Lors de son dernier séjour spatial, Thomas Pesquet a effectué de nombreuses expériences dont l’une d’entre elles un peu particulière : analyser l’évolution d’un blob dans l’espace. Mais ce qui  rend cette expérience encore plus inédite, c’est la participation terrestre de 2000  classes scolaires françaises.

Qu’est ce qu’un blob?

De son vrai nom Physarum polycephalum, cette créature jaune rampante et visqueuse a été surnommée blob, en référence au film d’horreur éponyme de 1958.

Le blob est une créature unisexe que l’on peut habituellement retrouver dans les sous-bois où elle se nourrit de champignons. Ce sont ses spécificités biologiques uniques et très complexes qui attirent le monde scientifique. En effet ce n’est ni un animal ni un végétal car celui-ci produit des pigments comme une plante, se déplace et se nourrit comme un animal et se reproduit par spores comme un champignon. Il n’est composé que d’une seule cellule avec plusieurs noyaux. Le blob défie également  le temps car il est presque immortel, il ne craint ni le feu, ni l’eau, peut être découpé en morceaux et peut se régénérer. L’immortalité n’est pas la seule qualité du blob parce que cette créature est également d’une intelligence remarquable. Il peut facilement trouver la sortie de labyrinthes dans lesquels des scientifiques le plongent, ou bien encore stimuler des réseaux aussi performants que ceux des humains, comme le métro de Tokyo.

En quoi consiste la mission “blob” de Thomas Pesquet?

C’est lors de sa mission dans l’espace qui a eu lieu du  23 avril au 4 octobre 2021 que Thomas Pesquet a embarqué avec lui quatre blobs pour son séjour à bord de la station spatiale internationale (ISS). Deux expériences ont été réalisées: le protocole exploration et le protocole exploitation. Le protocole exploration consiste à tester l’attitude de deux blobs dans un environnement sans nourriture. Tandis que les deux autres blobs du protocole exploitation vont recevoir un apport nutritif.

Les différents blobs ont été endormis durant le trajet jusqu’ à ISS. A préciser que Thomas Pesquet n’a jamais vu les blobs pendant son voyage car ceux-ci étaient mis sous box hermétique. Les blobs 1 et 2 du protocole Exploitation se sont réveillés simultanément mais se sont endormis 3 jours plus tard contrairement aux blobs Exploration qui sont restés éveillés 7 jours. A la fin de cette expérience les scientifiques notent que les blobs d’exploitation se sont développés de manière plus importante que les blobs exploration. 

Cette mission avait pour but de déterminer leur développement dans un environnement en impesanteur et leur moyen de survie. Cette expérience a pu permettre aux scientifiques d’avancer sur la question d’adaptation dans ce milieu qui reste encore méconnu. Cette mission blob n’est toutefois pas la première, car des blobs avaient déjà été emmenés dans l’espace dans les années 1980 par des spationautes américains, allemands et russes. Mais ces premières missions furent trop courtes pour évaluer les effets de l’environnement spatial sur le blob. 

Une mission destinée au grand public?

Cette expérience Blob aurait pu être une expérience parmi tant d’autres. Mais non, celle-ci se démarque des autres car 2000 classes françaises ont pu participer à cette expérience. C’est en effet grâce à un partenariat du CNES, du CNRS et de l’académie de Toulouse que ce projet a pu prendre forme. 

Les classes participant au projet ont ainsi reçu un kit contenant quatre blobs accompagnés de deux protocoles expérimentaux. Les élèves ont mené les mêmes expériences que Thomas Pesquet, mais dans notre environnement terrestre. Les salles de classes se sont transformées en laboratoires et les élèves en scientifiques. Ce projet a également pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Notamment sur un groupe facebook appelé “Élève ton blob”. Sur ce groupe plus de 7000 professeurs partagent leur avancée, leurs résultats et échangent même des conseils. Nous pouvons également retrouver sur ce site de drôles de choses comme les petits surnoms donnés au blob ou bien encore plus insolite une vidéo d’un professeur faisant la dégustation d’un blob. 

Grâce à cette expérience à grande échelle, le public a pu se sentir investi dans les missions spatiales qui deviennent de plus en plus courantes de nos jours. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les plus jeunes aux études scientifiques et aux nombreuses carrières qui peuvent en découler. Puis l’expérience a d’autant plus de succès et de prestige grâce à la figure très médiatisée de Thomas Pesquet qui représente aujourd’hui une sorte de héros national. Alors s’agit-il d’une simple expérience scientifique, ou d’un moyen de rayonnement pour le CNRS, voire de soft power pour la France? Il est vrai que les intentions réelles de ce projet peuvent être questionnées, car malgré l’aspect scientifique incontestable nous ne pouvons pas ignorer l’existence d’un intérêt géopolitique qui consiste à montrer la place importante de la France compte bien garder parmi les puissances spatiales.  

expérience de l’atelier “Blob ” du lycée Simone Weil

sources:

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-blob-dans-les-classes-et-dans-lespace

https://lopinion.com/articles/actualite/10335_que-deviennent-les-blobs-embarques-avec-thomas-pesquet-a-bord-de-liss:

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/08/10/le-blob-creature-a-nulle-autre-pareille-s-apprete-a-embarquer-a-bord-de-l-iss_6091075_1650684.html

photos de l’atelier blob du lycée Simone Weil prises par les élèves

Voir page 2 une interview d’une élève de Simone Weil ayant participée à l’atelier Blob du lycée